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La souffrance psychique au travail et les risques psychosociaux NB:Les mots bleus sont des liens vers d'autres pages Web où vous pouvez trouver un complèment d'information. Il suffit de cliquer dessus. Les Troubles Musculo-Squelettiques - TMS - sont devenus la première cause de maladies professionnelles en France. Mais les conséquences de l’organisation du travail ont aussi une portée sur la santé mentale , qui peuvent se traduire par les états dépressifs et même aller jusqu’au suicide sur le lieu de travail. Il y a un lien entre la souffrance née du décalage entre le discours et la réalité (les objectifs irréalistes, voire irréalisables, le refus de reconnaître la surcharge de travail …) et des pathologies mentales et physiques. Avec l’accroissement de la responsabilité individuelle, le salarié se retrouve seul face aux objectifs qui peuvent être démesurés ou contradictoires. Il se trouve donc en porte à faux : soit il suit les directives et se trouve en situation d’échec, ne pouvant atteindre les objectifs fixés, soit il les contourne en dissimulant d’une façon ou d’une autre (certains vont apporter du travail à la maison, d’autres, sauter des pauses, ou, plus grave, passer outre les consignes de sécurité pour aller plus vite). Autrement dit, la souffrance au travail est liée à un conflit entre la volonté de bien faire son travail, en accord avec certaines règles implicites de la profession, et une pression qui pousse le salarié à négliger ces règles pour augmenter sa rentabilité. Cette obligation de « tricherie » est non seulement très mal vécue, mais rend malade. Cette situation est constatée dans de nombreuses entreprises par des professionnelles de la santé ainsi que par les militants syndicaux. Selon Marie Pezé, psychanalyste et auteur de « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés », « il ne faut surtout pas s’imaginer [que ces souffrances] atteignent des sujets fragiles. C’est exactement le contraire : elles touchent des personnes exigeantes quant à la qualité de leur travail.…[Les entreprises] utilisent les données des sciences humaines pour accroître la productivité des salariés en jouant sur la pression morale (vouloir bien faire) plutôt que celle de la reconnaissance par les autres. Elles individualisent en cassant les collectifs de travail, suppriment la mémoire des anciennes formes d’organisation en licenciant les seniors, organisent la porosité entre la vie privée et la vie professionnelle et mettent les salariés en concurrence entre eux. Elles tiennent essentiellement par la peur du chômage. » Ce phénomène est constaté dans presque toutes les entreprises, mais les recours de ceux qui souffrent restent limités. Pour la CGT, « il faut soigner le travail », car son organisation même est à l’origine du mal. En attendant, les salariés ont peu de possibilités. Les centres de consultation « souffrance et travail » ne sont pas nombreux. Concrètement, le salarié est envoyé par le médecin du travail dans le cadre des examens complémentaires prévus par le Code du travail, en vue d'un diagnostic de la situation. Si le médecin du travail refuse d'émettre le courrier requis ou ne paraît pas digne de confiance, le salarié peut se tourner vers un médecin inspecteur du travail, dans un service de pathologies professionnelles. Beaucoup d’employeurs refusent la complexité d’une véritable interrogation sur la raison de ces maladies, et les salariés ont souvent peur de parler de maladie professionnelle car non seulement la procédure est complexe, mais ils craignent de perdre leur emploi. Un premier pas que chacun de nous peut faire est de rester à l’écoute de nos camarades de travail et surtout de les accompagner s’ils décident d’entamer une démarche de soins relatifs au troubles psychosociaux, sans minimiser leur souffrance et sans porter de jugement – ce que fut trop longtemps le cas pour les troubles mentaux. Lire l'entretien et voir la vidéo de Marie Pezé sur Eco89 : http://eco.rue89.com/2008/09/29/si-le-travail-peut-rendre-malade-cest-parce-quil-nous-construit
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Christophe Dejours « Il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail ! »
Dernière mise à jour: le 29 Septembre 2009
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