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Michelin : notre travail produit les richesses, nos salaires et nos emplois doivent passer avant les actionnaires !

Le 20 octobre, Michelin a publié ses derniers chiffres. Les marchés restent difficiles, les volumes de pneus vendus reculent encore, mais le Groupe maintient ses objectifs financiers pour 2026. Il poursuit également ses rachats d’actions.

Les difficultés économiques n’empêchent donc pas la direction de tenir ses engagements envers les actionnaires. Les salariés doivent pouvoir imposer d’autres priorités !

Sur les neuf premiers mois de l’année, Michelin réalise 19,175 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en baisse de 0,5 %. Si l’on compare les mêmes activités d’une année sur l’autre, sans tenir compte des variations de l’euro face aux autres monnaies, les ventes sont quasiment stables. Les volumes pneumatiques reculent de 0,8 %, tandis que ceux de la marque MICHELIN au remplacement progressent de 4 %.

Ces chiffres montrent des difficultés, mais aussi des activités qui résistent. Ils ne permettent pas de présenter tout Michelin comme une entreprise sans perspectives.

Attention : cette publication ne donne pas les bénéfices réalisés sur neuf mois. Elle porte sur les ventes et les objectifs annuels.

Au troisième trimestre, les ventes s’améliorent, mais la baisse des volumes continue de peser sur le chiffre d’affaires. Une hausse des ventes en euros ne signifie donc pas forcément davantage de travail dans nos établissements.

La direction doit répondre sur l’avenir des productions et des métiers. Quels produits seront confiés aux sites ? Quels investissements sont prévus ? Quelles activités seront développées ? Quels recrutements et quelles formations permettront de conserver les compétences ?

Ces questions concernent tous les salariés. Les pneus ne se conçoivent, ne se fabriquent et ne se vendent pas seuls. Derrière chaque produit, il y a le travail des agents, des collaborateurs, des techniciens, des ingénieurs et des cadres.

La force de Michelin, ce sont les salariés et leurs savoir-faire.

Avant de parler de postes à supprimer ou de salariés qui coûteraient trop cher, il faut examiner les décisions de la direction. Un site ne choisit pas les volumes qu’on lui affecte. Une équipe ne décide pas seule de ses moyens. Les salariés n’ont pas à porter la responsabilité de choix industriels et financiers qu’ils ne maîtrisent pas.

Michelin mise notamment sur les produits à plus forte valeur ajoutée. Leur développement repose sur le travail et les compétences des salariés. Mais que deviennent les équipes dont les activités reculent ? La direction doit préparer leur avenir, avec des formations, de nouvelles productions et des moyens.

Laisser une activité s’affaiblir, puis supprimer les emplois au nom de cette faiblesse, ne peut pas tenir lieu de politique industrielle.

Pendant ce temps, Michelin maintient son objectif d’améliorer le résultat de ses activités en 2026, sur une base comparable à 2025. Il prévoit aussi de dégager plus de 1,6 milliard d’euros sur l’année après investissements, avant les opérations d’achat et de vente d’entreprises.

Cet objectif ne correspond ni à un bénéfice déjà réalisé, ni à une somme entièrement disponible.

Les 750 millions d’euros prévus pour racheter ses propres actions en 2026 sont également maintenus, avec plus de 80 % déjà réalisés au moment de la publication.

Les besoins des salariés et l’avenir de nos établissements doivent passer avant les rachats d’actions.

La direction peut revoir le montant et le calendrier de ces opérations. Elle doit donc expliquer pourquoi elle les maintient et présenter ce que d’autres choix permettraient de financer : augmentations de salaire, maintien des compétences, amélioration des conditions de travail et investissements.

Nous exigeons que les mêmes questions soient posées pour toutes les dépenses. Pourquoi faudrait-il toujours justifier chaque euro demandé pour les salariés, tandis que les sommes consacrées aux actionnaires seraient considérées comme intouchables ?

L’emploi a déjà reculé. À fin juin 2026, Michelin comptait 123 300 salariés inscrits dans le monde, contre 127 500 un an auparavant. Cette différence ne correspond pas automatiquement à autant de licenciements. Mais le Groupe explique lui-même que les restructurations et la baisse des effectifs ont réduit ses frais de personnel.

Une économie pour les comptes peut devenir une difficulté pour les équipes. Quand un collègue part, ses missions ne disparaissent pas forcément. Qui reprend son travail ? Qui transmet les connaissances ? Qui remplace les absents ? Avec quels moyens ?

Dans un atelier comme dans un bureau, un laboratoire ou un service, la question reste la même : peut-on faire correctement son travail avec les effectifs et le temps disponibles ? L’encadrement est aussi concerné lorsqu’il doit tenir des objectifs sans disposer des moyens nécessaires.

Le départ volontaire d’un salarié ne prouve pas que son poste est devenu inutile. Les conséquences sur ceux qui restent doivent être examinées avant de supprimer les emplois.

Préserver les compétences, c’est aussi préparer la reprise. Former un salarié, maîtriser une installation ou développer une expertise prend du temps. Ce qui est perdu aujourd’hui peut manquer demain pour produire, innover et répondre aux clients.

La CGT refuse que les salariés soient opposés entre eux selon leur statut, leur métier ou leur établissement. Agents, collaborateurs et cadres vivent de leur travail. Tous ont besoin d’un salaire qui reconnaît leurs qualifications, de conditions de travail qui préservent leur santé et de perspectives pour leur avenir.

Les derniers chiffres de Michelin doivent servir à ouvrir ce débat dans les équipes : de quelles augmentations avons-nous besoin ? Quels emplois faut-il préserver ou créer ? Quels moyens manquent pour travailler correctement ? Quelles garanties devons-nous obtenir pour nos sites et nos métiers ?

La CGT Michelin défend des augmentations générales de salaire, la reconnaissance des qualifications, des effectifs suffisants et des investissements pour préparer l’avenir. Ces revendications doivent peser dans les choix du Groupe.

Les richesses produites par notre travail doivent servir nos salaires, nos emplois et notre protection sociale.

Organisons-nous, renforçons la CGT et construisons ensemble le rapport de force pour les gagner !